Photo : le buste de Jeanne Le Ber, œuvre du sculpteur-portraitiste Jean-Pierre Busque réalisée d’après les analyses du Laboratoire de médecine légale du Québec
Une conférence sur la vie de Jeanne Le Ber (1662-1714), « la recluse mystique de Montréal », aura lieu le mercredi 26 février 2025, à19h, en la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde (Montréal), indique le site du diocèse de Montréal. Elle sera présentée par l’historien Georges Bellemare, vice-postulateur de la cause de la servante de Dieu Jeanne Le Ber et l’auteur du livre La Recluse mystique de Montréal Jeanne Le Ber (Congrégation du Très-Saint-Sacrement, 2024).
Née à Ville-Marie (Montréal) le 4 janvier 1662 dans une famille du riche marchand Jacques Le Ber, Jeanne étudie chez les Ursulines, à Québec, lit-on dans un article écrit par Jacques Gauthier, membre de la commission historique de la cause de Jeanne Le Ber. Depuis son adolescence elle « se distingue surtout par son amour de l’Eucharistie et son attrait pour le silence et la solitude ».
À dix-huit ans, « ses parents l’autorisent à vivre recluse dans une chambre de la maison ». En 1685, « après cinq ans d’expérience comme recluse, les autorités religieuses de l’époque lui permettent de faire un vœu perpétuel de chasteté et de réclusion ».
En 1695, elle s’installe dans un petit appartement, derrière l’autel de la chapelle de la congrégation de Notre-Dame, « où elle vivra le reste de ses jours ». « Elle y mène une vie de prières et de jeûne, s’adonnant à l’adoration du saint sacrement et à l’art de la broderie. »
Dans son article, Jacques Gauthier cite une histoire rapportée « par le sulpicien François Vachon de Belmont, qui a connu Jeanne et qui lui consacre une première biographie peu de temps après sa mort en 1714 » : « Un jour de juin 1698, deux Anglais sont de passage à Montréal. Ils ont entendu parler de la sainteté de la recluse, âgée de trente-six ans. Ils veulent la rencontrer dans sa solitude, d’autant plus qu’ils connaissent sa famille. Ils demandent à Mgr de Saint-Vallier, successeur de François de Laval, d’y aller avec eux. Les deux visiteurs sont stupéfaits de la voir dans un si petit appartement, attenant à la chapelle de la congrégation de Notre-Dame. Elle ne porte pas le voile, comme les sœurs en communauté, mais est coiffée d’un simple bonnet. Vêtue modestement d’une robe de grosse toile grise, elle est chaussée de sandales qu’elle a fabriquées avec des feuilles de blé d’Inde (nom canadien du maïs). Son lit est une sorte de paillasse, sans matelas ni drap, avec un oreiller de paille.
L’un des Anglais, un pasteur protestant, lui demande comment elle fait pour demeurer dans de si misérables conditions, alors qu’elle pourrait vivre confortablement dans le monde. Elle lui répond : ‘Une pierre d’aimant m’a attirée ici et me retient.’ ‘Quel est cet aimant ?’, lui demande-t-il. Elle ouvre la petite fenêtre, par où elle reçoit la communion, elle se prosterne vers l’autel en regardant le tabernacle, puis elle répond : ‘Voilà ma pierre d’aimant, notre Seigneur, réellement présent dans le saint sacrement.’ »
« Jeanne entre dans la vie éternelle le 3 octobre 1714, à l’âge de cinquante-deux ans, après presque trente-cinq ans de réclusion. »








