Photo : © Vatican Media; Le pape François a reçu une image du bienheureux Peter To Rot à Port Moresby, le 9 septembre 2024
Peter To Rot, laïc et catéchiste, né en 1912 à Rakunai et décédé en juillet 1945, deviendra le premier saint de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, indique un communiqué du Dicastère pour les causes des saints publié le 31 mars. Le 28 mars 2025, le pape François a approuvé les votes favorables de la Session ordinaire des cardinaux pères et évêques membres du Dicastère pour la canonisation des bienheureux: Peter To Rot et Ignatius Choukrallah Maloyan, archevêque arménien catholique de Mardin, né le 15 avril 1869 à Mardin (Turquie) et décédé le 11 juin 1915 à Kara-Keupru (Turquie).
La date de la canonisation sera décidée lors du Consistoire que le pape avait annoncé il y a un mois alors qu’il était hospitalisé à la polyclinique Gemelli pour une pneumonie bilatérale, indique l’agence vaticane Fides notant que « lors du voyage apostolique du pape François en Asie et en Océanie, l’Église de Papouasie-Nouvelle-Guinée avait demandé au Souverain Pontife d’intervenir dans le processus de canonisation du catéchiste et martyr » Peter To Rot.
Biographie de Peter To Rot
Peter To Rot est né à Rakunai en 1912, lit-on dans l’article de Fides, mais plusieurs faits de sa vie restent inconnus : « On ne connaît pas le jour exact de sa naissance et de son baptême, car les documents ont été confisqués par la police japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous savons avec certitude qu’il a grandi dans une famille nombreuse et qu’il a été principalement élevé par son père, qui était chef de village. Après avoir reçu sa première communion, vraisemblablement entre 1922 et 1926, poussé par une profonde dévotion pour l’Eucharistie, il a servi comme servant de messe. »
« En 1930, il commença à fréquenter le Saint Paul’s Catechist Training College à Taluligap et, trois ans plus tard, il retourna dans son village pour exercer le ministère de catéchiste. Il se consacra également à des œuvres de charité, en pensant surtout aux pauvres, aux malades et aux orphelins. À l’âge de 23 ans, il épousa Paula La Varpit et eut trois enfants.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, les Japonais occupèrent la Papouasie-Nouvelle-Guinée et emprisonnèrent tous les missionnaires, sans toutefois empêcher au début l’activité pastorale. Peter To Rot fit tout ce qui lui était permis pour ne pas abandonner la communauté chrétienne, poursuivant les activités de catéchèse et préparant les couples au sacrement du mariage.
Lorsque les occupants lui ont interdit de poursuivre son travail, il a continué en cachette avec une extrême prudence pour ne pas mettre en danger la vie des fidèles, tout en sachant parfaitement que ce choix aurait pu lui coûter la vie.
Pendant l’occupation, il s’opposa à la polygamie que les Japonais avaient autorisée pour s’attirer les faveurs des tribus locales, contestant également son frère aîné. Ce dernier le dénonça à la police et, pour ces raisons, il fut arrêté en 1945 et condamné à deux mois de prison. Pendant son incarcération, il ne reçut que la visite de sa mère, de sa femme et de ses enfants. Traité plus sévèrement que les autres prisonniers, il mourut en prison en juillet 1945, empoisonné.
Peter To Rot a été béatifié par Saint Jean-Paul II le 17 janvier 1995 à Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. »
Pas de miracle
On lit dans Fides que « les évêques de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des Îles Salomon ont demandé à être dispensés du miracle sur le parcours vers la canonisation de Peter To Rot. Dans le même temps, tout en notant la signalisation de nombreux témoignages, ils ont estimé qu’il était très difficile de documenter le miracle nécessaire, tant en raison du manque d’hôpitaux capables de fournir les documents scientifiques nécessaires pour prouver une guérison miraculeuse présumée, qu’en raison de la culture de la population locale, qui est essentiellement orale et présente la difficulté de documenter par écrit les miracles qui se sont produits. En outre, 820 dialectes sont parlés dans l’État, de sorte que seul un petit nombre de personnes est capable d’écrire dans un anglais correct et compréhensible. Pour ces raisons, la demande a été acceptée et le Dicastère a été autorisé le 22 mars 2024 à entreprendre la procédure spéciale avec dispense du miracle pour la canonisation de Pietro To Rot ». Après la béatification de To Rot, explique la même source, « la renommée de sainteté et de signes s’est considérablement accrue, s’étendant à tous les diocèses de Papouasie-Nouvelle-Guinée ainsi qu’aux îles Salomon voisines et à l’Australie. Des centaines d’écrits ont été publiés sur lui au nom d’églises, d’institutions et de groupes liés à sa mémoire. De nombreuses grâces ont également été attribuées à son intercession ».








