Photo: ©Vatican Media; le 23 mars 2025, hôpital Gemelli
Anita Bourdin
« Merci à tous! »: le pape François est apparu, en fauteuil, le visage visiblement éprouvé, à un petit balcon du cinquième étage de l’hôpital universitaire « Agostino Gemelli » de Rome, ce dimanche 23 mars 2025, après la prière de l’angélus de midi, et 38 jours d’hospitalisation, scruté par l’œil des caméras du monde entier.
Le pape était soigné depuis le 14 février, au 10e étage de cet hôpital catholique, dans une suite privée, médicalisée, sécurisée, incluant une chapelle, pour une double pneumonie. Sur ses quatre hospitalisations au « Gemelli » depuis 2013, c’était la plus longue.
Le souffle court, le pape n’était plus apparu public depuis l’audience générale du mercredi 12 février. Des chants et des calicots attendaient sa venue annoncée la veille au soir. Salué par des applaudissements et des clameurs, il a pu bénir les personnes – entre 1500 et 3 000 selon les évaluations – rassemblées sur l’esplanade de l’hôpital, dont le maire de Rome, M. Roberto Gualtieri.
La foule a applaudi et scandé le nom du pape: « Fran-ces-co! », tandis que le pape, le pouce levé, faisait signe que tout allait bien et disait: « merci à tous! ».
La dame aux fleurs jaunes
Il a spécialement salué d’un léger signe de la main droite et de la voix une dame qui tenait « des fleurs jaunes » et les agitait dans sa direction: cette Romaine était venue tous les jours pendant l’hospitalisation du pape pour prier pour sa santé, a-t-elle confié ensuite aux médias venus l’interroger. Elle avait apporté des fleurs jaunes et blanches: les couleurs du Vatican.
Comme les dimanches précédents, le pape a fait parvenir un message écrit pour remercier le personnel hospitalier et les personnes qui lui ont manifesté de la proximité ou dit leur prière: « Au cours de cette longue période d’hospitalisation, j’ai eu l’occasion de faire l’expérience de la patience du Seigneur, que je vois aussi se refléter dans les soins inlassables des médecins et des agents de santé, ainsi que dans l’attention et l’espérance des familles des malades. Cette patience confiante, ancrée dans l’amour de Dieu qui ne fait jamais défaut, est vraiment nécessaire dans notre vie, surtout pour affronter les situations les plus difficiles et les plus douloureuses. »
Que les armes se taisent
Le pape a aussi lancé des messages pour la paix, pour Gaza d’abord: « Je demande que les armes se taisent immédiatement ; et qu’on ait le courage de reprendre le dialogue, afin que tous les otages soient libérés et qu’un cessez-le-feu définitif soit conclu. »
Mais il cite aussi l’Arménie et l’Azerbaïdjan, l’Ukraine, la Palestine, Israël, le Liban, le Myanmar, le Soudan, la République démocratique du Congo.
Par écrit aussi, le pape renouvelle ses remerciements et l’expression de sa prière: « Avec tant de patience et de persévérance, vous continuez à prier pour moi : merci beaucoup ! Moi aussi, je prie pour vous. »
Après l’angélus et la salutation depuis le balcon, le pape est monté en voiture, tout en étant cette fois muni d’un diffuseur d’oxygène, grâce des canules nasales. Il n’était pas loin du Vatican quand la voiture a changé d’itinéraire pour se rendre à la basilique papale consacrée à la Vierge Marie, Sainte-Marie-Majeure.
Gratitude envers la Vierge Marie
Là, le pape a remis à l’archiprêtre de la basilique, le cardinal lituanien Rolandas Makrickas, des fleurs à déposer devant l’icône qui lui est chère, l’icône de la Vierge Salus Populi Romani (« Salut du peuple romain »). On se souvient qu’au lendemain de son élection, le 14 mars 2013 au matin, le pape s’était pour la première fois rendu à Sainte-Marie-Majeure pour confier son pontificat à la Vierge Marie. Le pape est régulièrement revenu confier ses voyages internationaux à la Marie, venant ensuite la remercier après ses déplacements.
Le pape est ensuite rentré au Vatican, dans une Fiat 500L, pour se reposer et continuer de se soigner pendant deux mois de convalescence à la Maison Sainte-Marthe, sa résidence.
Récupération et repos
Pendant cette période de récupération et de repos, le pape devra poursuivre ses traitements et les séances de kinésithérapie motrice et respiratoire. Au moins, il sera à l’abri du danger d’éventuelles maladies nosocomiales, auxquelles le professeur Alfieri faisait allusion dans un point presse, samedi 22 mars.
Justement, avant de se montrer au balcon de l’hôpital, le pape a voulu saluer même brièvement le personnel et les dirigeants de la « polyclinique » et de l’Université catholique. La salle de presse du Saint-Siège a tenu à les nommer tous: la professeure Elena Beccalli, rectrice de l’Université catholique du Sacré-Cœur ; le président de la Fondation de l’Hôpital universitaire Agostino Gemelli IRCCS, le Dr Daniele Franco ; le doyen de la Faculté de médecine et de chirurgie de l’Université catholique, le professeur Antonio Gasbarrini ; le vice-président de la Fondation de la polyclinique Gemelli, le Dr Giuseppe Fioroni ; le directeur général de la Fondation Polyclinique A. Gemelli IRCCS, le professeur Marco Elefanti, l’assistant ecclésiastique général de l’Université catholique, Mgr Claudio Giuliodori, et le professeur Sergio Alfieri, directeur du Département des sciences médico-chirurgicales de la Polyclinique et chef de l’équipe médicale du Gemelli ; le directeur médical de la Fondation Polyclinique Gemelli, le Dr Andrea Cambieri.
Voici, dans notre traduction de l’italien, le texte écrit préparé par le pape François pour l’angélus de ce troisième dimanche de Carême :
Chers frères et sœurs, bon dimanche !
La parabole que nous trouvons dans l’Évangile d’aujourd’hui nous parle de la patience de Dieu, qui nous pousse à faire de notre vie un temps de conversion.
Jésus utilise l’image d’un figuier stérile, qui n’a pas porté le fruit espéré et que le paysan ne veut cependant pas couper : il veut l’amender à nouveau pour voir « s’il portera du fruit à l’avenir » (Lc 13, 9). Ce fermier patient c’est le Seigneur, qui travaille le terrain de notre vie avec soin et qui attend avec confiance notre retour vers lui.
Au cours de cette longue période d’hospitalisation, j’ai eu l’occasion de faire l’expérience de la patience du Seigneur, que je vois aussi se refléter dans les soins inlassables des médecins et des agents de santé, ainsi que dans les attentions et dans les espérances des familles des malades. Cette patience confiante, ancrée dans l’amour de Dieu qui ne manque jamais, est vraiment nécessaire dans notre vie, surtout pour affronter les situations les plus difficiles et les plus douloureuses.
J’ai été attristé par la reprise des bombardements israéliens intensifs sur la bande de Gaza, qui ont fait tant de morts et de blessés. Je demande que les armes se taisent immédiatement ; et qu’on ait le courage de reprendre le dialogue, afin que tous les otages soient libérés et qu’un cessez-le-feu définitif soit conclu. La situation humanitaire dans la bande de Gaza est de nouveau très grave et exige l’engagement urgent des parties belligérantes et de la communauté internationale.
Je suis heureux que l’Arménie et l’Azerbaïdjan se soient mis d’accord sur le texte final de l’accord de paix. J’espère qu’il sera signé le plus rapidement possible et qu’il contribuera ainsi à l’établissement d’une paix durable dans le Caucase du Sud.
Avec tant de patience et de persévérance, vous continuez à prier pour moi : merci beaucoup ! Moi aussi, je prie pour vous.
Et ensemble, nous implorons la fin des guerres et la paix, en particulier en Ukraine, en Palestine, en Israël, au Liban, au Myanmar, au Soudan, en République démocratique du Congo.
Traduction © Vaticaninfo.com








