Photo : © HCDH 1996-2025
Le père jésuite Enrique Figaredo Alvargonzález, missionnaire espagnol depuis 40 ans au Cambodge et préfet apostolique de Battambang, province à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, affirme qu’il faut « s’attaquer avec tous les outils disponibles », y compris « avec la collaboration » de « la société civile », au « fléau de la traite des êtres humains ». Au Cambodge, ce « problème existe et il est grave », souligne-t-il.
C’est ce qu’il a dit dans un entretien avec l’agence vaticane Fides, le 4 mars 2025.
Commentant l’intention du gouvernement thaïlandais « d’évaluer la faisabilité de la construction d’un mur le long de la frontière avec le Cambodge afin d’empêcher les passages illégaux » et afin de « frapper le réseau de trafic d’êtres humains qui alimente » les «centres d’appel frauduleux» (scam centres) en Thaïlande, le jésuite souligne qu’il s’agit d’un « projet » « irréaliste », « compte tenu de la perméabilité de la frontière et des milliers de travailleurs cambodgiens, surtout des jeunes, qui ont émigré de la province de Battambang vers la Thaïlande ». Il note qu’« aujourd’hui », « de nombreux villages » de sa province sont « tristement vides », «parce que les jeunes émigrent en Thaïlande pour effectuer les travaux les plus humbles, que les travailleurs thaïlandais ne veulent pas faire ».
Pour le préfet apostolique de Battambang, « une muraille n’est certainement pas la bonne solution », « ces questions » devraient être « abordées par le dialogue et la coopération entre les gouvernements, à tous les niveaux, et aussi avec la contribution fructueuse des ONG et des associations ».
À titre d’exemple, P. Figaredo cite le travail de Caritas Cambodge qui « s’engage à secourir les victimes de la traite des êtres humains et s’efforce de sensibiliser la population, en plein accord avec les autorités civiles ».
L’agence Fides indique que « ces derniers jours, la police thaïlandaise a accueilli 119 citoyens thaïlandais rapatriés du Cambodge après qu’une descente de police dans la ville frontalière de Poipet » « a permis de libérer au moins 215 personnes séquestrées et retenues en esclavage dans un bâtiment dirigé par un groupe criminel qui organisait des activités de fraude en ligne ».
Notons que la Thaïlande et le Cambodge partagent une frontière de 817 kilomètres.
Selon les données du Collectif « Ensemble contre la traite des êtres humains » – créé par le Secours catholique en 2007 et regroupant 28 associations françaises – le Cambodge est un des pays les plus touchés par la traite en Asie du Sud-Est. Selon le Global Slavery Index, 261 000 personnes y sont victimes d’esclavage moderne.








