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L’humanité est consacrée à la Miséricorde divine

Photo : © sanctuaire de la Miséricorde divine de Cracovie-Lagiewniki; le pape Jean-Paul II

Anita Bourdin

« Dans la miséricorde de Dieu, le monde trouvera la paix, et l’homme trouvera le bonheur! », a déclaré saint Jean-Paul II en confiant l’humanité à la Miséricorde divine.

Un message d’une grande actualité à rappeler en ce 20e anniversaire de la « naissance au Ciel » de Jean-Paul II. En effet, le pape Jean-Paul II s’est éteint au soir du samedi 2 avril 2005 et, du point de vue liturgique, c’était, après l’office des vêpres, déjà le temps du Dimanche de la miséricorde divine, qu’il avait institué le 30 avril 2000, en réponse à la demande exprimée par le Christ à Faustine Kowalska (1905-1938), que le pape polonais a canonisée à la même date. Sa « naissance au ciel » de soir-là a scellé en quelque sorte son « testament spirituel ».

Jean-Paul II (1920-2005) a été, rappelons-le, béatifié par Benoît XVI, également un Dimanche de la miséricorde, le 1er mai 2011, et canonisé à l’occasion de cette même fête, le 27 avril 2014, par le pape François, qui a recommandé: « Souvenez-vous toujours de son enseignement ».

Promesse de bonheur

Jean-Paul II lui-même avait indiqué le message de la Miséricorde divine comme son « testament spirituel ». Il avait en effet préparé une allocution pour ce Dimanche de la miséricorde, 3 avril 2005, et il a voulu que le texte soit lu et publié en guise de message posthume : « Le Seigneur ressuscité offre en don à l’humanité, qui semble parfois égarée et dominée par le pouvoir du mal, par l’égoïsme et par la peur, son amour qui pardonne, qui réconcilie et ouvre à nouveau l’âme à l’espérance. C’est l’amour qui convertit les cœurs et qui donne la paix. Combien le monde a besoin de compréhension et d’accueillir la Divine Miséricorde ! » Un message qui se retrouve aujourd’hui en harmonie avec l’Année de la miséricorde, voulue par le pape François en 2016, et avec le Jubilé 2025, sur le thème de l’espérance.

Plus encore, en inaugurant, trois ans plus tôt, le nouveau sanctuaire de la Miséricorde divine de Cracovie-Lagiewniki, le 17 août 2002, lors de son voyage en Pologne (16-18 août), Jean-Paul II avait confié l’humanité tout entière à la Miséricorde en appelant à la responsabilité des baptisés: « Dans la miséricorde de Dieu, le monde trouvera la paix, et l’homme trouvera le bonheur! Je confie ce devoir, très chers frères et sœurs, à l’Eglise qui est à Cracovie et en Pologne, et à tous les fidèles de la Miséricorde divine, qui viendront ici de Pologne et du monde entier. Soyez des témoins de la Miséricorde! »

« Transmettre au monde »

« C’est pourquoi, aujourd’hui, dans ce sanctuaire, a-t-il ajouté, je veux confier solennellement le monde à la Miséricorde divine. Je le fais avec le désir que le message de l’amour miséricordieux de Dieu, proclamé ici à travers sainte Faustine, atteigne tous les habitants de la terre et remplisse leur cœur d’espérance. Que ce message se diffuse de ce lieu dans toute notre Patrie bien-aimée et dans le monde. Que s’accomplisse la promesse solide du Seigneur Jésus; c’est d’ici que doit jaillir « l’étincelle qui préparera le monde à sa venue ultime » (cf. Petit Journal, 1732, p. 576, éd. Apostolat de la miséricorde, Paris 2007). Il faut allumer cette étincelle de la grâce de Dieu. Il faut transmettre au monde ce feu de la miséricorde. »

Comme sainte Faustine, déclarait le pape Wojtyla, « nous voulons professer qu’il n’existe pas pour l’homme d’autre source d’espérance en dehors de la miséricorde de Dieu », « nous désirons répéter avec foi: Jésus, j’ai confiance en Toi! » Jean-Paul II soulignait l’urgence et l’actualité de cette annonce : « Nous avons particulièrement besoin de cette annonce, qui exprime la confiance dans l’amour tout-puissant de Dieu, à notre époque, où l’homme éprouve des sentiments d’égarement face aux multiples manifestations du mal. Il faut que l’invocation de la miséricorde de Dieu jaillisse du plus profond des cœurs emplis de souffrance, d’appréhension et d’incertitude, mais dans le même temps à la recherche d’une source infaillible d’espérance. »

Le tableau de Jésus miséricordieux

Le pape Jean-Paul II a invité à la contemplation du tableau de Jésus miséricordieux, peint, sur les indications de sainte Faustine par le peintre polonais Eugeniusz Kazimirowski, à Vilnius, pour le jubilé de 1935, et peint, après la guerre – mais sans sainte Faustine, décédée en 1938 -, par Adolph Hyla, à Cracovie : « Avec les yeux de l’âme, nous désirons contempler le regard de Jésus miséricordieux, pour trouver dans la profondeur de ce regard le reflet de sa vie, ainsi que la lumière de la grâce que, tant de fois déjà, nous avons reçue et que Dieu nous réserve pour tous les jours et pour le dernier jour. »

Le pape polonais a souligné l’importance de ce nouveau sanctuaire de la miséricorde : « C’est dans ce même esprit de foi que je suis venu à Lagiewniki, pour dédier ce nouveau temple, convaincu qu’il s’agit d’un lieu particulier choisi par Dieu pour déverser la grâce de sa miséricorde. »

La miséricorde et Jésus-Eucharistie

C’est aussi en ce lieu qu’a eu lieu le Congrès mondial de la Miséricorde divine en octobre 2011, en présence des reliques de Jean-Paul II et de sainte Faustine.

On fait l’expérience de la miséricorde, a souligné en substance Jean-Paul II, dans le sacrement de la réconciliation mais aussi dans l’Eucharistie : « Je prie afin que cette église soit toujours un lieu d’annonce du message de l’amour miséricordieux de Dieu; un lieu de conversion et de pénitence; un lieu de célébration de l’Eucharistie, source de la miséricorde; un lieu de prière et d’imploration assidue de la miséricorde pour nous et pour le monde. »

Et puis ce message est trinitaire, a-t-il insisté, car c’est l’Esprit-Saint, qui conduit le baptisé à la miséricorde: « C’est l’Esprit Saint, Consolateur et Esprit de Vérité, qui nous conduit sur les voies de la Miséricorde divine. »

Mettre un terme aux injustices

Il disait le besoin du monde d’aujourd’hui : « Comme le monde d’aujourd’hui a besoin de la miséricorde de Dieu! Sur tous les continents, du plus profond de la souffrance humaine, semble s’élever l’invocation de la miséricorde. Là où dominent la haine et la soif de vengeance, là où la guerre sème la douleur et la mort des innocents, la grâce de la miséricorde est nécessaire pour apaiser les esprits et les cœurs, et faire jaillir la paix. Là où manque le respect pour la vie et pour la dignité de l’homme, l’amour miséricordieux de Dieu est nécessaire, car à sa lumière se manifeste la valeur inestimable de chaque être humain. La miséricorde est nécessaire pour faire en sorte que chaque injustice du monde trouve son terme dans la splendeur de la vérité. »

Saint Jean-Paul II a conclu son homélie par cette prière où l’on retrouve un écho du « chapelet de la Miséricorde » enseigné par le Christ à sainte Faustine: « Dieu, Père miséricordieux, qui as révélé Ton amour dans ton Fils Jésus-Christ, et l’as répandu sur nous dans l’Esprit Saint Consolateur, nous Te confions aujourd’hui le destin du monde et de chaque homme.
Penche-toi sur nos péchés, guéris notre faiblesse, vaincs tout mal, fais que tous les habitants de la terre fassent l’expérience de ta miséricorde, afin qu’en Toi, Dieu Un et Trine, ils trouvent toujours la source de l’espérance.
Père éternel, pour la douloureuse Passion et la Résurrection de ton Fils, accorde-nous ta miséricorde, ainsi qu’au monde entier! Amen. »

Le pape François et la miséricorde

“Vous êtes venus ici prier sur la tombe de saint Jean-Paul II, pour le 10e anniversaire de sa mort. Conservez toujours la mémoire de son enseignement et soyez fidèles à Dieu et à votre patrie”, a dit le pape François, en italien avant d’être traduit en polonais, en s’adressant aux Polonais présents à l’audience générale du mercredi 11 mars 2015, place Saint-Pierre.

Un message qui prend une force spéciale lors de la grande neuvaine à la Miséricorde divine qui va chaque année, depuis l’An 2000, du Vendredi Saint au Dimanche de la Miséricorde, dimanche prochain, 28 avril 2019. Le pape François avait évoqué cet anniversaire.

Le pape François a lui-même communiqué ce message de Jean-Paul II lors de l’Année de la Miséricorde, en 2016, et notamment par la « bulle d’indiction » du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde de cette année-là, intitulée « Le visage de la miséricorde » (11 avril 2015). Le document commence ainsi: « Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier. Devenue vivante et visible, elle atteint son sommet en Jésus de Nazareth. Le Père, « riche en miséricorde » après avoir révélé son nom à Moïse comme « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » n’a pas cessé de faire connaître sa nature divine de différentes manières et en de nombreux moments. Lorsqu’est venue la « plénitude des temps », quand tout fut disposé selon son dessein de salut, il envoya son Fils né de la Vierge Marie pour nous révéler de façon définitive son amour. Qui le voit a vu le Père. A travers sa parole, ses gestes, et toute sa personne, Jésus de Nazareth révèle la miséricorde de Dieu. » Ce thème rejoint celui du jubilé 2025 pour l’anniversaire du concile de Nicée-Constantinople (325), centré sur l’annonce du Credo en Jésus vrai Dieu et vrai homme.

La route à suivre à l’avenir

Plus encore, le pape François concluait en invitant les baptisés à toujours offrir la miséricorde, concrètement: « Qu’en cette Année Jubilaire l’Eglise fasse écho à la Parole de Dieu qui résonne, forte et convaincante, comme une parole et un geste de pardon, de soutien, d’aide, d’amour. Qu’elle ne se lasse jamais d’offrir la miséricorde et soit toujours patiente pour encourager et pardonner. Que l’Eglise se fasse la voix de tout homme et de toute femme, et répète avec confiance et sans relâche : « Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours » (Ps 25, 6). »

Dans « Misericordia et misera », sa lettre apostolique pour conclure l’Année de la miséricorde, le pape François a redit la mission de miséricorde de tout baptisé, dans le sillage de Jean-Paul II, avec ces quatre piliers de la prière, de l’Esprit Saint, des saints et des pauvres: « La culture de la miséricorde s’élabore dans la prière assidue, dans l’ouverture docile à l’action de l’Esprit, dans la familiarité avec la vie des saints et dans la proximité concrète des pauvres. »

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