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1700 ans du Concile de Nicée : saint Augustin « a-t-il connu les décisions et proclamations si essentielles » du Concile?

Photo : Saint Augustin dans son cabinet de travail, fragment de la fresque, Botticelli, Florence, vers 1480

Saint Augustin, évêque d’Hippone (354-430), qui est « né une trentaine d’années après le Concile, à 2 500 km de Nicée », « a certainement connu et utilisé la formule primitive de la foi nicéenne, bien qu’il ne l’ait jamais citée explicitement », affirme P. Bernard Jobert, chanoine régulier de Saint Augustin, dans son article intitulé Saint Augustin et le Concile de Nicée, paru dans l’Escarboucle, revue des Chanoines réguliers de Saint-Victor (mai 2025, n°41) et dans l’Écho de Constantine et Hippone (juin 2025) et repris sur le site de L’Église catholique d’Algérie.

Saint Augustin « enseignait à partir d’une formule de foi reçue et vérifiée par le témoignage de la Bible », explique P. Jobert, « il aimait » « confesser la foi en des termes qui lui étaient propres, moins techniques et plus compréhensibles pour les gens du peuple », « il donnait toujours la première place aux Écritures Saintes ».

Lors de la nuit de Pâques en 387, saint Augustin est baptisé par Saint Ambroise, évêque de Milan, lui-même défenseur des dogmes du Concile de Nicée contre les hérésies : dans l’introduction de son De fide, écrit P. Jobert, saint Ambroise « s’appuya sur la foi des Pères conciliaires ».

Après son baptême, saint Augustin retourne en Afrique : « Ordonné prêtre dès 390, il prononça, en 393, devant les évêques réunis au Synode d’Hippone, un discours sur la foi dans lequel abondent les allusions au symbole de Nicée. »

P. Jobert donne plusieurs exemples tirés des œuvres de saint Augustin pour prouver son lien spirituel avec « des formulations » majeures du Concile : « Tout au long de sa vie, écrit-il, Augustin a défendu l’Église et la foi juste. Dans ses écrits, on trouve à de nombreuses reprises des formulations proches de celles de Nicée. Par exemple, au début de son De Genesi ad litteram, écrit en 393, il déclare que « le Père a créé de rien toutes les choses par son Fils unique, consubstantiel et coéternel à lui, dans l’unité de l’Esprit Saint, également consubstantiel et coéternel à lui », et de même en 396 dans le De agone Christo, il dit de « ne pas écouter ceux qui disent que le Fils n’est pas né du Père, mais est fait de rien par lui, et il y avait un temps où il n’était pas… » (allusion à l’hérésie arienne). »

« La foi en Dieu Un en trois Personnes égales et distinctes » est au cœur de son ouvrage De Trinitate, rappelle P. Jobert : « Augustin explicite de manière théologique et biblique la foi en Dieu Un en trois Personnes égales et distinctes. Au livre Ier, il annonce qu’il veut justifier l’affirmation : « La Trinité est un seul et vrai Dieu, et il est tout à fait exact de dire… que le Père, le Fils, le Saint-Esprit sont d’une même substance ou essence ». Ses longs développements nous sont précieux pour découvrir comment il méditait, cherchait, trouvait, voulait exprimer le plus clairement possible ce mystère dont les baptisés vivent ! »

Concile de Nicée

Cette année, l’Église célèbre le 1700ᵉ anniversaire du Concile de Nicée, premier concile œcuménique, qui s’est tenu à Nicée (aujourd’hui Iznik, en Turquie), dans l’Empire romain, du 20 mai au 20 juillet 325. Il a été convoqué par l’empereur Constantin, converti au christianisme, et a rassemblé environ 300 évêques venus de toutes les provinces de l’Empire. Lors de ce Concile, les fondements du christianisme ont été définis. Le dogme de la consubstantialité du Christ au Père a été établi et la date de la célébration de Pâques a été fixée.

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