Photo : © Catholics in Pakistan; P. Feroz avec les catéchistes; diocèse d’Islamabad-Rawalpindi, juin 2024
Au Pakistan, « si l’on veut se conformer aux normes internationales en matière de respect des droits de l’homme, la peine capitale » pour le blasphème « devrait être abolie », affirme le père Qaisar Feroz OFM Cap, secrétaire exécutif de la Commission pour les communications sociales de la Conférence épiscopale du Pakistan, dans un entretien avec l’agence vaticane Fides. Il affirme que « les avocats chrétiens et les membres du Parlement devraient » « se pencher sur ce chapitre sombre de l’histoire du Pakistan en matière de respect des droits humains, qui fait souffrir de nombreuses personnes innocentes ».
Le frère capucin fait cette déclaration au moment où le sénat pakistanais « a approuvé un projet de loi abolissant la peine de mort pour deux crimes : l’agression et la spoliation publique d’une femme ; l’aide aux auteurs d’un détournement d’avion ou d’un autre véhicule public ». Selon le ministre fédéral de la Justice Azam Nazeer Tarar, le gouvernement « entend s’aligner sur les normes internationales en matière de respect des droits de l’homme prévues également dans l’accord commercial avec l’Union européenne (le « GSP+ »), qui exige explicitement de limiter la peine de mort aux crimes les plus graves ». « Le gouvernement, explique le ministre, a l’intention de réexaminer d’autres délits non violents passibles de la peine de mort. »
Commentant ces décisions, P. Feroz note que « le fait que l’on s’oriente vers l’abolition progressive de la peine de mort pour les crimes moins graves est certainement un pas positif ». « À cette fin, poursuit-il, il faudrait également examiner la structure de la loi sur le blasphème. »
Il rappelle que « cette loi » a « été modifiée » « par le général Zia ul-Haq qui, en 1977, a orchestré un coup d’État et pris le pouvoir au Pakistan ».
Selon P. Feroz, « cette loi est une épée de Damoclès qui est instrumentalisée et utilisée contre les membres des communautés religieuses minoritaires et même contre les citoyens musulmans ».
Le frère capucin ajoute : « Si les pressions internationales et commerciales ont conduit aujourd’hui à la révision de la peine capitale pour certains crimes, nous demandons au gouvernement et au Parlement d’engager une réflexion sérieuse sur la loi sur le blasphème. »








