Photo : © cgfmanet.org.png; sœur Maria Troncatti
Anita Bourdin
« Je dois être missionnaire »: c’était la décision de sœur Maria Troncatti, missionnaire salésienne qui sera proclamée sainte par le pape Léon XIV le 19 octobre 2025, en la Journée Mondiale des Missions, comme l’avait annoncé vaticaninfo.com en novembre dernier (https://vaticaninfo.com/2024/11/causes-des-saints-soeur-maria-troncatti-missionnaire-en-equateur-pendant-47-ans-sera-canonisee/). Elle fut une « petite mère », une « madrecita » pour les populations d’Amazonie.
Selon la biographie publiée par le Dicastère pour les causes des saints (https://www.causesanti.va/it/santi-e-beati/maria-troncatti.html), Maria Troncatti est née le 16 février 1883 à Corteno Golgi, dans la province de Brescia, dans une famille d’éleveurs. Elle a grandi entre le travail dans les champs et les soins de ses petits frères.
C’est le Bulletin salésien qui a éveillé en elle le désir de se consacrer à Dieu. Elle est ainsi entrée chez les Filles de Marie Auxiliatrice, et elle prononça ses premiers vœux en 1908 à Nizza Monferrato.
Pendant la Première Guerre mondiale, elle fut infirmière de la Croix-Rouge à Varazze. Un événement marqua sa vie : après avoir survécu à une tragique inondation, elle promit à la Vierge Marie que, si elle était sauvée, elle partirait comme missionnaire. Elle tint sa promesse : en 1922, sœur Maria arriva en Équateur.
Accompagnée de l’évêque missionnaire Domenico Comin, elle rejoignit avec deux consœurs la forêt amazonienne, au cœur du territoire des Indiens Shuar. Là, elle gagna la confiance de la population en sauvant, à l’aide d’un simple couteau, la fille d’un chef de tribu blessée par une balle. À partir de ce moment, elle fut pour tous une « madrecita ».
Pendant 44 ans, sœur Maria a vécu aux côtés du peuple Shuar à Macas, Méndez, Sucúa et Sevilla Don Bosco. En plus d’apporter la Parole de Dieu, elle a été infirmière, chirurgienne, orthopédiste, dentiste et pharmacienne pour les Indiens. Elle s’est surtout consacrée à la promotion des femmes Shuar, favorisant la naissance de nouvelles familles chrétiennes fondées sur le libre choix et non plus sur des mariages arrangés.
Son œuvre s’est enracinée à l’hôpital « Pio XII » de Sucúa et dans de nombreux dispensaires disséminés dans la jungle. Toujours en mouvement, infatigable, elle a été une mère pour des milliers de personnes.
Le 25 août 1969, l’avion dans lequel elle voyageait à destination de Quito s’écrasa peu après le décollage. La radio de la Fédération Shuar annonça la nouvelle : « Notre mère, sœur Maria Troncatti, est décédée ». Sa dépouille repose aujourd’hui à Sucúa. Elle a été proclamée bienheureuse par le pape Benoît XVI en 2012.
En vue de sa canonisation prévue en octobre, comme l’a annoncé l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, la première session du tribunal chargé de la reconnaissance canonique et du traitement conservatoire des reliques de sœur Maria s’est tenue au Centre pastoral vicarial de Rio Blanco, à Macas, rapporte l’agence vaticane Fides.
Sœur Lupe Erazo, supérieure de la province du « Sacré-Cœur » des Filles de Marie Auxiliatrice d’Équateur, les religieuses des communautés amazoniennes, ainsi que les prêtres et les diacres du vicariat apostolique de Méndez ont participé à la cérémonie.








