Photo : © Vatican Media; église Saint-Thomas de Villeneuve de Castelgandolfo; le 15 août 2025
Anita Bourdin
Le pape Léon XIV est revenu à Castelgandolfo pour l’Assomption, vendredi 15 août 2025, après un premier séjour dans la résidence d’été des papes pour une période de repos du 6 juillet au 20 juillet. Il a donc célébré la messe dans l’église paroissiale et pontificale Saint-Thomas de Villeneuve le dimanche 13 juillet, ainsi que le 15 août.
Saint Thomas de Villeneuve (Tomás de Villanueva), auquel la paroisse de Castelgandolfo est dédiée, est né à Fuenllana, en Castille, dans la région de Tolède, en 1488, et il est décédé à Valence, le 8 septembre 1555.
Surtout, comme le pape Léon XIV, c’était un religieux de l’ordre de Saint-Augustin, et il devint archevêque de Valence. Plus encore, le pape porte une relique du saint évêque espagnol dans sa croix pectorale.
Au lendemain du concile de Trente, Thomas de Villeneuve travailla à la réforme de son Ordre et de son diocèse, avec une sollicitude particulière pour les indigents. Une tradition que le pape Léon XIV met en oeuvre en présidant la messe, demain, 17 août, au sanctuaire marial d’Albano, Santa Maria della Rotonda, en présence de l’évêque du lieu, Mgr Vincenzo Viva, et d’une centaine de pauvres résidents de maisons et de foyers d’accueil du diocèse, accompagnés de bénévoles et de membres diocésains de la Caritas, et son directeur, Alessio Rossi. A l’issue de la messe et de l’angélus, le pape Léon XIV déjeunera avec ses invités au « Borgo Laudato si’ », dans les jardins pontificaux de Castel Gandolfo, sous l’égide du Dicastère pour le service du développement humain intégral.
Les parents de Tomás García Martinez, Alonso Tomas Garcia et Lucia Martines de Castellanos, appartenaient à la noblesse locale. Vers l’âge de 15 ans, il quitta sa famille pour aller étudier la grammaire et la rhétorique à Villanueva.
Aux environs de 1501-1502, il s’inscrivit à l’université d’Alcalá, qui venait d’être fondée par Francisco Jiménez de Cisneros. Il y complèta sa formation d’humaniste et de grammairien, avant d’entrer, en 1505, à la Faculté des Arts, dont il ressortit bachelier en 1508. Il entra alors au collège Saint-Ildefonse, comme boursier. Il devient ainsi maître ès-arts en 1509, puis conseiller de collège en 1510, et enfin bachelier en théologie.
Pour s’acquitter de sa bourse, il dut rester trois ans au service de son collège. Il passa les années 1512 à 1516 à enseigner, jusqu’à ce qu’il soit désigné pour une chaire de philosophie à l’université de Salamanque. Mais à Salamanque, il décida d’entrer chez les Ermites de saint Augustin, au monastère Saint-Pierre.
Son noviciat dura de septembre 1516 à 1518, puis il fut ordonné prêtre, le 18 décembre. L’année suivante, le chapitre de Valladolid le nomma prieur du couvent de Salamanque, dès le mois de mai 1519. Puis il fut réélu prieur en 1522. Si bien qu’il devin l’un des prédicateurs officiels de l’empereur Charles Quint, à Valladolid.
Fort de l’appui impérial, il entreprendra des réformes pour garantir la vie spirituelle des augustins. Dans ce dessein, en 1524, il sépara la province en deux, Castille et Andalousie, dont il sera le provincial en 1526, avant la réunification des deux. À partir de cette date, il assumera les fonctions de provincial, visiteur ou prieur, à Burgos, Tolède ou Valladolid. En 1533, toujours en tant que provincial, il envoyé les premiers augustins comme missionnaires au Mexique.
À partir de 1542, il devint « définiteur de l’ordre » et le général des augustins, Seripando, l’aurait volontiers appelé à Rome. Cependant, le 6 juillet 1544, Charles Quint le nomma archevêque de Valence. Dix ans plus tôt, il avait refusé de devenir archevêque de Grenade. Un second refus était impossible.
Le 1er janvier 1545, il prit possession d’un évêché spirituellement à l’abandon. La même année, s’ouvrait le Concile de Trente, qui devait assigner la résidence des évêques dans leurs diocèses. Peut-être pour des raisons de santé, Thomas de Villeneuve ne se rendit pas au concile, mais il en suivit les sessions à distance avec ferveur. Cet évêque réformateur correspondait aux idées du concile: résidence dans le diocèse, souci des pauvres, accueillis et soignés au palais épiscopal, don des bénéfices de sa charge, vie austère.
Il s’appliqua à réformer les mœurs des prêtres, avec le rétablissement des synodes diocésains et l’ouverture d’un collège pour les jeunes clercs d’origine modeste. Il consacra des opuscules à la spiritualité. Son traité de l’oraison mentale proposait des sujets pour chaque jour de la semaine, à travers l’enseignement, la méditation, l’oraison et la contemplation. Il recommandait de traiter de façon évangélique avec les Maures. Sa sollicitude s’étendait même aux taureaux, puisqu’il condamna les corridas, les considérant comme un « péché ».
Le 29 août 1555, épuisé, et se sentant en danger de mort, il ordonna à ses chapelains de vider les coffres où l’on gardait l’argent, et de le distribuer aux indigents. Il s’éteignit le 8 septembre 1555, pleuré par les pauvres.
Il a été béatifié en 1618 par le pape Paul IV, puis canonisé le 1er novembre 1658 par Alexandre VII, qui dit à cette occasion : « Comme l’apôtre saint Thomas, Thomas de Villeneuve a cherché avec soin la vérité ; comme saint Thomas d’Aquin, il l’a enseignée dans toute sa pureté ; comme saint Thomas de Cantorbéry, il l’a défendue avec courage. »
Et c’est justement Alexandre VII qui a commissionné l’église de Castelgandolfo, construite après la canonisation du saint évêque espagnol, entre 1658-1661, sur des plans initiaux du Bernin.
A l’époque de la canonisation de Thomas de Villeneuve, un augustin breton, le p. Ange Le Proust, décida de marcher sur les traces du nouveau saint, en fondant, à Lamballe, en 1661, la congrégation des Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve, à vocation hospitalière.








