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Causes des saints : un franciscain français du XVIe s. bienheureux et le « miracle » d’un prêtre libanais du XXe s.

Photo : © 1996-2026 Rome – OFM; fr. Gabriel Marie

Anita Bourdin

Un franciscain français du XVIe s., le fr. Gabriel Marie, est déclaré bienheureux, annonce le Dicastère pour les causes des saints. Et un prêtre libanais du XXe s., Béchara Abou-Mourad, le sera bientôt, un « miracle » ayant été authentifié comme dû à son intercession.

Samedi dernier, 21 février 2026, Léon XIV a en effet reçu en audience le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère des Causes des Saints.

Le cofondateur des Annonciades

Le pape a alors autorisé le dicastère à promulguer le Décret sur les vertus héroïques et à la confirmation du culte « depuis les temps immémoriaux » (béatification « équipollente ») du Serviteur de Dieu Gabriel Marie (né Gilbert Nicolas), prêtre profès de l’Ordre des Frères Mineurs et cofondateur de l’Ordre de la Très Sainte Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, né vers 1460 près de Riom et décédé le 27 août 1532 à Rodez (France). Au fil des siècles, plusieurs miracles ont été attribués à son intercession.

L’authentification d’un miracle spécifique n’est pas nécessaire pour une béatification ou une canonisation « équipollente », mais seulement un décret pontifical tenant en compte des années ou des siècles d’un culte voué par le peuple de Dieu, et de témoignages de grâces abondantes reçues par l’intercession du baptisé.

Ayant reçu une solide éducation chrétienne, indique le dicastère, Gilbert Nicolas a développé une profonde dévotion mariale et, un jour, l’écoute d’un sermon sur l’Immaculée Conception l’a conduit au choix d’une vie consacrée à Dieu : il choisit la communauté des Frères Mineurs Observants au couvent de Notre-Dame de Lafond. Une fois ordonné prêtre, il a enseigné la théologie morale à ses jeunes confrères pendant près de vingt ans.

Il devint aussi le conseiller spirituel de Jeanne de Valois, épouse répudiée du roi Louis XII de France, béatifiée par Benoît XIV en 1742 et canonisée par Pie XII en 1950. Avec elle, il fonda, en 1501, l’Ordre de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie et il en rédigea les constitutions. Il devint aussi le supérieur général de cet ordre, pendant environ trente ans. Il se développa ensuite en Belgique, aux Pays-Bas, en Angleterre et en Espagne.

Entre 1511 et 1514, l’Ordre des Frères Mineurs de l’Observance lui confie des tâches de direction et de gouvernement. Gilbert Nicolas promeut alors un processus de réforme, devient vicaire provincial d’Aquitaine et de Bourgogne et vicaire général de l’Observance Ultramontaine. Lors du chapitre général de 1517, il se voit confier le rôle de « commissaire général » : c’est alors que le Pape Léon X lui donne le nom de Gabriel Marie.

Toujours dans un esprit réformateur, il publie un commentaire de la Règle de saint François. Il meurt le 27 août 1532 au monastère de Rodez.

Sa cause de béatification et canonisation avait été ouverte en 2003. Le procès diocésain s’était achevé le 2 juin 2015, et les documents avaient alors été transmis sous scellés à la Congrégation – aujourd’hui dicastère – pour les causes des saints.

Au cours de la même audience du 21 février, Léon XIV a autorisé la promulgation de quatre décrets concernant quatre causes.

Une prière libanaise miraculeuse

Un décret authentifie le miracle attribué à l’intercession du « Serviteur de Dieu » libanais Béchara Abou-Mourad (née Selim), prêtre profès de l’Ordre basilien du Très Saint Sauveur des Melkites, né le 19 mai 1853 à Zahlé, et décédé le 22 février 1930 à Saïda, au Liban.

Il s’agit de la guérison « inexplicable pour la science » d’une femme jusque-là contrainte à se déplacer en fauteuil roulant du fait d’une « arthrose avec spondylolisthésis et hernies avancées de quatrième degré » affectant son genou droit, et diagnostiquée en 1983. En 2009, après avoir lu une petite biographie du père Béchara Abou-Mourad et se souvenant d’avoir entendu parler des guérisons opérées de son vivant par son intercession, la femme a demandé la prière du religieux libanais lors d’une nuit particulièrement douloureuse. Dès le lendemain, elle a commencé à marcher sans aide et sans douleur, jusqu’à une guérison totale et définitive constatée par les médecins.

Trois autres décrets

Un deuxième décret atteste des vertus héroïques du « Serviteur de Dieu » Francesco Lombardi, prêtre diocésain italien, né le 24 février 1851 à Terzorio, et décédé le 12 février 1922 à Bussana, en Italie.

Un troisième décret atteste des vertus héroïques du « Serviteur de Dieu » Théophane (né Michael Koodalloor), prêtre indien, profès de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins, né le 20 juillet 1913 à Kottapuram, et décédé le 4 avril 1968 à Ponnurunni, en Inde.

Un quatrième décret atteste des vertus héroïques du « Serviteur de Dieu » italien, un laïc, Fauto Gei, membre de l’Association des Travailleurs Silencieux de la Croix, né le 24 mars 1927 à Brescia, en Italie, et décédé là-bas le 28 mars 1968.

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