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Le pape Léon en Algérie : « une grande joie et un encouragement », par Mgr Guillaud

Photo : © AED; Mgr Michel Guillaud, évêque de Constantine-Hippone

« C’est d’abord une grande joie et un encouragement », affirme Mgr Guillaud, évêque de Constantine-Hippone, en Algérie, à l’annonce du voyage du pape Léon XIV dans ce pays de l’Afrique du Nord du 13 au 15 avril 2026. Le pape se rendra à Alger et à Annaba.

Un communiqué à ce sujet a été publié par la Salle de presse du Vatican ce mercredi 25 février 2026.

« C’est la première fois qu’un pape se rend en Algérie », explique Mgr Guillaud dans un entretien avec l’AED-France, mais il « est déjà venu deux fois comme prieur de l’Ordre de St Augustin, notamment pour un colloque sur saint Augustin et lors de la restauration de la basilique. Cette fois, il viendra rencontrer le peuple algérien. C’est très beau ».

L’évêque souligne que « beaucoup de personnes » « attendent avec impatience cette venue » : « Dès son élection, raconte-t-il, quand le Saint-Père a dit être « fils d’Augustin », toute l’Algérie a frémi. Certains ont d’abord pensé à une filiation géographique, puis ont compris qu’il s’agissait d’une filiation spirituelle. Consacrer deux jours à l’Afrique du Nord, dans un pays très majoritairement musulman, est déjà un signe fort. Il y a aussi le sentiment que le pape n’œuvre pas seulement pour les catholiques, mais qu’il est au service de l’humanité. »

L’Église d’Algérie

Dans une brève note sur l’histoire de l’Église d’Algérie, publiée par l’AED, on lit que « l’Église catholique, officiellement reconnue en Algérie, est organisée en quatre diocèses : Alger, Constantine-Hippone, Oran et Laghouat-Ghardaïa ». Elle « se compose aujourd’hui de quelques milliers de fidèles sur une population de près de 47 millions, soit bien moins de 1 % de la population.  Il s’agit majoritairement de personnes nées hors du pays (prêtres, religieux, travailleurs étrangers, migrants et étudiants subsahariens) ainsi que de quelques Algériens convertis au catholicisme ».

Malgré sa taille modeste, l’Église d’Algérie « est marquée par plusieurs figures importantes comme Saint Augustin d’Hippone (354-430), Saint Charles de Foucauld (1858-1916), Mgr Pierre Claverie (1938-1996) ou encore les moines de Tibhirine, béatifiés le 8 décembre 2018 à Oran ».

Saint Augustin en Algérie

Dans son entretien avec l’AED, Mgr Guillaud note qu’ « après l’indépendance (1962 – ndlr), Augustin n’était pas vraiment revendiqué mais les choses ont évolué surtout à partir du colloque de 2003, organisé par le Haut Conseil islamique en partenariat avec l’Université de Fribourg ». « Ce colloque, intitulé Saint Augustin, son africanité et son universalité, a marqué un tournant, explique l’évêque. L’Algérie a alors reconnu Augustin comme l’un des siens. Puis d’autres colloques ont suivi, des publications ont été faites. »

Selon Mgr Guillaud, « aujourd’hui, des dizaines de milliers de visiteurs viennent chaque année à la basilique Saint-Augustin d’Annaba, dont 99 % sont musulmans. L’État a contribué à sa restauration. C’est un patrimoine commun ».

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