Photo : Vincenzo Foppa (entre 1425 et 1430 – 1515 ou 1516); La Visitation
Le Magnificat ou le cantique de Marie prononcé lors de la Visitation à sa cousine Élisabeth (Luc 1, 46-55) « va connaître une nouvelle traduction », lit-on sur le site de la Conférence des évêques de France. Il s’agit d’une de « six infos à retenir » après la fin des travaux de l’Assemblée plénière des évêques de France.
Selon les explications de Mgr Joseph de Metz-Noblat, évêque de Langres et président de la CEFTL (Commission Épiscopale Francophone pour les Traductions Liturgiques), « il y a une dizaine d’années a été réalisée la révision complète de la traduction liturgique de la Bible, c’est-à-dire des textes en usage, notamment, durant la célébration de la messe ». Le passage tiré de l’Évangile selon saint Luc et présentant la visite que la Vierge Marie rend à sa cousine Elisabeth « a, lui aussi, été révisé ».
« Concrètement, deux mots ont été changés », précise l’évêque : au lieu de dire « son amour s’étend d’âge en âge », il a été préféré : « sa miséricorde » et au lieu de dire « en faveur d’Abraham et de sa race », il a été préféré : « Abraham et sa descendance. »
La première correction, selon Mgr de Metz-Noblat, concerne le terme « miséricorde » qui « a retrouvé ses lettres de noblesse, grâce à la volonté du saint pape Jean-Paul II d’instaurer un « dimanche de la miséricorde. » « Parler de miséricorde, c’est évoquer un amour qui pardonne, ce qui le qualifie plus précisément », explique l’évêque.
La deuxième correction est expliquée par le fait que « la notion de race est aujourd’hui très liée à celle de racisme » : « Employée dans la classification des espèces animales, cette notion a, de fait, servi à opposer les différents groupes humains, avec la prétention de supériorité de certaines races sur d’autres, ce qui a entraîné des conséquences dramatiques. Pour éviter cette ambiguïté, c’est le terme de « descendance » qui est ici utilisé, mieux adapté. »
Le président de la CEFTL explique également que « ce changement de traduction est adopté par tous les pays francophones ». C’est en effet la Commission Episcopale Francophone pour les Traductions Liturgiques « qui propose aux différentes conférences épiscopales un même texte. Cela nécessite d’ailleurs des discussions, car il peut y avoir des nuances dans la compréhension des mots au Québec, en Belgique, au Congo ou à Tahiti. Ensuite, le texte est validé par le Dicastère pour le Culte divin, à Rome. Cela prend parfois du temps. Mais le but est une unité dans la prière, pour que tous ceux qui emploient la langue française puissent s’associer par l’utilisation des mêmes termes, quel que soit le pays dans lequel ils se trouvent ».
Magnificat (nouvelle traduction)
Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa descendance, à jamais.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles.
Amen.








