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Synode : « Le défi pastoral de la polygamie » (rapport du SECAM)

Photo : © synod.va

« Le défi pastoral de la polygamie », tel est le titre du Rapport du SCEAM (Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar) publié mardi 24 mars 2026 par le Secrétariat général du Synode. « Le document, lit-on dans le résumé, réaffirme avec fermeté la doctrine de l’Église : le mariage chrétien est monogame par nature théologique et non par imposition culturelle. »

Dans le résumé du Rapport, on lit aussi que le SCEAM « a élaboré une réflexion organique sur le défi pastoral de la polygamie, ancrée dans le contexte culturel, anthropologique et théologique du continent africain ».

Le Rapport reconnaît « la valeur sacrée de la famille africaine, fondée sur l’alliance entre les groupes humains, avec les ancêtres et avec Dieu, dans laquelle l’enfant est considéré comme une bénédiction divine et le désir d’une descendance nombreuse comme partie intégrante de l’identité communautaire ». « C’est dans cet horizon que s’inscrit historiquement l’existence de la polygamie. »

Le Rapport du SECAM « révèle l’ambivalence » de ce problème dans la Bible : la polygamie est « tolérée dans l’Ancien Testament », tandis que dans le Nouveau Testament le Christ – « se référant au dessein originel du Créateur – affirme avec clarté l’unité et l’indissolubilité du mariage ».

Dans une partie 7 du Rapport, intitulée Pour une réponse pastorale à la polygamie, le SECAM recommande « privilégier une préparation patiente et exigeante, orientée vers un engagement concret en faveur du mariage monogamique avant la réception du baptême ». Le SECAM invite à ne pas « rejeter » ou « stigmatiser », mais plutôt « d’accompagner vers une conversion authentique et une pleine intégration sacramentelle ».

« Cette pastorale de proximité » doit « viser à valoriser la dignité de la femme », lit-on. « Comme Marie, la mère de Jésus, elle est la première sur le chemin d’une pastorale inculturée du mariage et de la famille. »

Selon le document, « l’enjeu est aussi éthique, anthropologique et ecclésiologique. Si l’union matrimoniale traduit « le don de soi à l’autre », on peut se demander comment l’homme ou la femme peut vivre ce « don de soi », en se donnant à plusieurs épouses ou plusieurs époux à la fois ».

« Comment l’homme ou la femme en situation de polygamie peut-il « faire une seule chair » avec plusieurs épouses ou plusieurs époux ? » se demandent les auteurs du Rapport. « La théologie chrétienne du mariage affirme que son unité et son indissolubilité découlent du dessein créateur de Dieu. … La question de la polygamie ne touche pas seulement à une structure familiale ; elle renvoie à la vérité de l’Alliance et à la vocation de l’amour conjugal comme signe visible de l’unité fidèle du Christ et de son Église. »

Dans la conclusion, il est noté que « cette pastorale de proximité et d’attention permettra d’instaurer un dialogue respectueux et fraternel entre ces couples polygames et le pasteur (prêtre, évêque), représentant du Christ miséricordieux qui va à la recherche de la « brebis égarée » et accepte de s’asseoir à la même table que les publicains et les pécheurs ».

Une « pastorale de proximité » permettra « d’ouvrir les portes de l’Église aux enfants de Dieu gisant dans les périphéries spirituelles ou ‘existentielles’ ».

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