Photo : © Vatican Media; vol de retour de Malabo (Guinée équatorial) à Rome ; le 23 avril 2026
Déplorant la « mort de tant d’innocents », le pape Léon XIV appelle de ses vœux la promotion « d’une nouvelle attitude et d’une culture de la paix » dans le monde contemporain. Il recommande comme critère des relations internationales de « protéger les innocents ». Il évoque un enfant libanais, musulman, qui, lors de son voyage au Pays du Cèdre, portait une pancarte « Bienvenu Pape Léon », et qui a été tué. Il dit son point de vue de « pasteur » : « En tant qu’Église – je le répète – en tant que pasteur, je ne peux être favorable à la guerre. »
Le pape répondait à une question de la presse, dans l’avion du retour de Guinée équatoriale à Rome, jeudi 23 avril 2026. La traduction est publiée par Vatican News en français.
Ignazio Ingrao (Tg1 – Italie) : Lors de la réunion pour la paix à Bamenda, au Cameroun, vous avez décrit un monde sens dessus dessous, où une poignée de tyrans risquent de détruire la planète. La paix, avez-vous dit, ne doit pas être inventée, mais accueillie. Les négociations concernant le conflit en Iran sont au point mort, avec de graves répercussions sur l’économie mondiale. Espérez-vous un changement de régime en Iran, étant donné que la société civile, y compris les étudiants, est descendue dans la rue ces derniers mois, et que la course aux armements nucléaires suscite une inquiétude internationale ? Quel appel lancez-vous aux États-Unis, à l’Iran et à Israël pour sortir de l’impasse et mettre fin à l’escalade ? L’OTAN et l’Europe devraient-elles s’impliquer davantage ?
Je voudrais commencer par dire que nous devons promouvoir une nouvelle attitude et une culture de paix. Trop souvent, face à certaines situations, notre premier réflexe est de recourir à la violence, à la guerre, à l’attaque.
Ce que nous avons constaté, c’est la mort de tant d’innocents. Je viens de lire une lettre de familles d’enfants décédés le premier jour de l’attaque. Elles y évoquent la perte de leurs enfants, morts ce jour-là.
La question n’est pas de savoir si le régime change ou pas ; la question est de savoir comment promouvoir les valeurs auxquelles nous croyons sans que tant d’innocents ne meurent.
La question iranienne est manifestement très complexe. Même les négociations en cours – un jour l’Iran dit oui et les États-Unis disent non, et vice versa – nous ignorons où elles mèneront.
Une situation chaotique a été créée, critique pour l’économie mondiale, et une population entière d’innocents en Iran souffre de cette guerre.
Alors, concernant pour ou contre un changement de régime : il est difficile de savoir quel régime est en place actuellement, après les premiers jours des attaques israéliennes et américaines contre l’Iran.
Je voudrais encourager plutôt la poursuite du dialogue pour la paix ; que les parties s’efforcent de promouvoir la paix, d’écarter la menace de guerre et que le droit international soit respecté.
C’est très important de protéger les innocents, ce qui n’a pas été le cas en plusieurs endroits. Je garde en mémoire la photo d’un enfant musulman qui, lors de ma visite au Liban, attendait avec une pancarte « Bienvenue Pape Léon », et qui a été tué dans cette ultime phase de la guerre.
Il y a tellement de situations humaines tragiques, et je pense que nous devons être capables de réfléchir en conséquence.
En tant qu’Église – je le répète – en tant que pasteur, je ne peux être favorable à la guerre. Et je voudrais encourager chacun à faire des efforts pour rechercher des solutions qui émanent d’une culture de paix, et non de haine et de division.








