Photo : © Vatican Media; Regina Caeli ; le 26 avril 2026
Anita Bourdin
Le pape Léon XIV en appelle au « discernement » et à la « responsabilité » en ce qui concerne l’énergie atomique, pour qu’elle soit « toujours au service de la vie et de la paix ».
Le pape a en effet évoqué, après la prière mariale de midi, place Saint-Pierre, le dimanche 26 avril 2026, le 40e anniversaire de l’explosion du réacteur nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, le 26 avril 1986 : la plus grave catastrophe du nucléaire civil.
« Nous commémorons aujourd’hui, a dit le pape en italien, le 40e anniversaire du tragique accident de Tchernobyl, qui a marqué la conscience de l’humanité. »
Le pape y voit un « avertissement » pour aujourd’hui encore : « Il reste un avertissement quant aux risques inhérents à l’utilisation de technologies toujours plus puissantes. »
Le pape a évoqué les victimes : « Confions à la miséricorde de Dieu les victimes et tous ceux qui en subissent encore les conséquences. »
Il y a un fossé entre le bilan officiel – une quarantaine de morts – et les projections de l’OMS en 2005 : 4 000 décès directs auraient été liés à l’exposition.
Le pape a recommandé des critères décisionnels : « Je souhaite que, à tous les niveaux décisionnels, le discernement et la responsabilité prévalent, afin que l’utilisation de l’énergie atomique soit toujours au service de la vie et de la paix. »
Rappelons, avec France 24, que le 26 avril 1986, en pleine nuit, le cœur du réacteur nucléaire n°4 de la centrale Vladimir Ilitch Lénine de Tchernobyl explose, probablement du fait d’une expérimentation hasardeuse lancée par le personnel de la centrale.
Les deux mille tonnes de la dalle de béton recouvrant le réacteur volent en éclat. Un immense incendie se déclenche et déverse dans l’atmosphère un panache de fumées radioactives pendant plusieurs jours, à des milliers de kilomètres.
Face au désastre, les autorités soviétiques peinent à réagir : 36 heures s’écoulent avant que soit donné l’ordre d’évacuer les populations voisines et en premier lieu les 50 000 habitants de la « ville modèle » de Pripyat, hébergeant les travailleurs de la centrale et leurs familles.
Les « liquidateurs » envoyés sur place pour « étouffer » le cœur en fusion du réacteur et nettoyer la zone des débris les plus radioactifs sont obligés de bricoler des protections dérisoires contre les radiations. Ils se surnomment eux-mêmes les « biorobots » : des robots amenés sur place sont rendus inopérants par les taux de radioactivité.
Ce n’est que le 14 mai, trois semaines après l’explosion, qu’ils parviennent à étouffer le cœur nucléaire en fusion et à stopper les rejets radioactifs. Une zone d’exclusion de 30 km autour de la centrale est mise en place, ce qui impose l’évacuation de quelque 250 000 personnes. Une zone toujours en vigueur.








