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Léon XIV à Metz : la « puissance de la réconciliation » au cœur de l’Europe, par Mgr Ballot

Photo :© Église catholique en France ; Mgr Ballot

Anita Bourdin

Lors de la venue du pape Léon XIV à Metz, le 28 septembre 2026, au cœur de l’Europe, des pèlerins viendront du Luxembourg, de Belgique, notamment de Namur, de Liège, mais aussi d’Allemagne, de Trèves, de Spire, de diocèses frontaliers : une frontière qui dit « l’échange » et non pas la « séparation », comme témoignage de la « puissance de la réconciliation », a fait observer Mgr Ballot.

À l’occasion de la conférence de presse de présentation du voyage du pape Léon XIV en France et à l’UNESCO (25-28 septembre 2026), le 8 septembre, à Paris, au siège de la Conférence des évêques de France, le programme du voyage a été commenté par l’archevêque de Paris, Mgr Laurent Ulrich, par Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes-Lourdes, et Damien Masset coordinateur sanctuaire, et, depuis Metz, par l’évêque, Mgr Philippe Ballot, ainsi que par le général Pascal Péran, et, par vidéo également, par Mgr Etienne Guillet, évêque de Saint-Denis, où se trouve le Stade de France.

La conférence de presse a été ouverte par le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, président de la CEF. L’organisateur du voyage, Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, est également intervenu, ainsi que le général Hervé Wattecamps, coordinateur de la visite du pape, et Mgr Pierre Antoine Bozo, évêque de La Rochelle, porte-parole de la CEF et Sylvain Guillebaud, pôle « Ressources et Moyens » de la CEF.

Mgr Philippe Ballot a rappelé que sa région a souffert de trois guerres, de deux annexions, en 50 ans. Il a insisté, dans ce contexte tragique, sur la « puissance de réconciliation » qui s’est ensuite manifestée « à travers réconciliation franco-allemande ».

La visite du pape, a-t-il continué, comptera « deux moments forts » le matin : une rencontre interreligieuse et un discours du pape « aux racines de l’Europe, pour la paix et l’unité ».

Il a souligné l’heureuse « concomitance » de ces deux moments : quand les religions « dialoguent » elles « permettent la paix ».

Ainsi la journée du pape à Metz a une dimension « mosellane », mais aussi « nationale », et encore plus « européenne » et « internationale », a encore voulu souligner l’évêque.

Pour la messe, l’après-midi, la ville n’a pas de « grand place » mais 2000 personnes seront accueillies dans la cathédrale et surtout des « fan-zones » autour de la cathédrale ou plutôt des « pape-zones » d’une très grande surface seront organisées avec des écrans géants.

Mgr Ballot a souligné le grand « enthousiasme populaire » perçu à Metz et en Moselle : « Alors, le pape vient ! » s’exclame-t-on.

Une « déambulation » du pape est prévue, en « papamobile », dans les rues de Metz pour que ceux qui sont venus puissent « le voir », « l’entendre », « participer » à cette visite « historique », ce qui bien sûr représente un « défi » : une foule nombreuse doit être accueillie dans les limites de « la géographie de la ville ».

Et puis Mgr Ballot a évoqué la grande figure de Robert Schuman, homme politique né au Luxembourg d’une maman luxembourgeoise et d’un papa mosellan, allemand, qui deviendra français : il rassemble en lui l’Allemagne, où il a étudié, la France et le Luxembourg.

Il est né le 29 juin 1886 à Luxembourg et il est décédé le 4 septembre 1963 à Scy-Chazelles en Moselle. Elu de Moselle au parlement français, il est devenu sous-secrétaire d’État pendant la Troisième République puis ministre pendant la Quatrième République, notamment aux Affaires étrangères et président du Conseil des ministres français à deux reprises. Il a exercé par ailleurs les fonctions de président du Parlement européen.

Il est considéré comme l’un des pères fondateurs de la construction européenne aux côtés de Jean Monnet, Walter Hallstein, Konrad Adenauer, Johan Willem Beyen, Paul-Henri Spaak, Joseph Bech et Alcide De Gasperi.

L’Église catholique a entamé un procès canonique en vue de sa béatification. Le 19 juin 2021, il a été déclaré vénérable par le pape François.

Pour Mgr Ballot, Schuman a « vécu dans sa chair le fait d’être de plusieurs nationalités », et il a placé « la réconciliation au centre de sa vie », notamment dans ses « comportements politiques » : avec les Allemands, il voulait « construire ensemble », comme en témoigne le projet CECA.

En effet, Schuman a eu l’intuition que l’Allemagne et la France devaient mettre en commun ce qui avait permis la guerre, à savoir les ressources en charbon et l’acier, de façon à ce que les deux pays ne puisse plus jamais se faire la guerre.

L’évêque de Metz a souligné que Schuman avait « beaucoup médité le prophète Isaïe », notamment ce passage d’Isaïe 2, 4 : « De leurs glaives ils forgeront des socs, et de leurs lances des faucilles : une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre. »

Ayant fait accepter le projet en un temps record par les ministres des Affaires économiques du Royaume-Uni, des trois pays du Benelux et de l’Italie réunis dans le plus grand secret à Paris le 8 mai 1950, puis par Konrad Adenauer auprès de qui il a dépêché un émissaire spécial et enfin par le gouvernement français de Bidault en conseil des ministres le 9 mai en fin de matinée, Robert Schuman concrétise l’initiative en proposant par sa déclaration du 9 mai 1950, de placer la production franco-allemande du charbon et de l’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe.

Suivi de rencontres discrètes, comme à Luxeuil-les-Bains en juillet 1950, le plan Schuman entraîne la signature du traité de Paris le 18 avril 1951, créant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) qui est à l’origine de l’Union européenne.

Chaque année, le 9 mai, le Jour de l’Europe commémore ce qui constitue, selon Jacques Delors, « le geste politique le plus important de ces dernières décennies ».

Pour le général Pascal Péran, on estime que 40 000 personnes pourraient arriver de toute la région, d’Allemagne, du Luxembourg, et de Belgique : il n’y a « plus de chambre » à louer à Metz « depuis plus d’un mois ». Le défi sera « d’accueillir tout le monde ».

On estime aussi que 12 000 personnes pourraient participer à la messe : dans les différentes « pape-zones » les catholiques qui s’y trouveront pourront suivre la messe et recevoir la communion : sur 3 places et dans toute la ville, il y aura des écrans géants pour suivre le pape en direct.

La « déambulation » du pape dans la ville s’étendra sur 2 km : dans cet espace, à différents endroits, des publics particuliers attendront le pape qui pourrait s’arrêter pour les saluer et les bénir, comme des enfants malades, des malades en fin de vie, des personnes qui voudront juste « le voir ».

Le matin, au Centre des congrès, on estime que 1000 places seront disponibles.

L’organisation, à Metz repose sur un noyau d’une quinzaine de bénévoles, pas sur des prestataires extérieurs, mais en coordination avec les services de l’Etat, de la Ville de Metz, les partenaires territoriaux, la police et la gendarmerie.

Le général Péran confie qu’il est « breton d’origine », mais qu’en poste à Paris il s’est senti « Français », puis comme gouverneur militaire de Metz, il s’est senti et se sent encore aujourd’hui – à la retraite – « Européen », « au centre de l’Europe » : Metz est une « ville européenne ».

Programme du pape Léon XIV à Metz, le lundi 28 septembre 2026

07 h 40 Départ en avion de l’aéroport international de Tarbes-Lourdes-Pyrénées à destination de Metz

Aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées

09 h 20 Arrivée à l’aéroport international de Metz-Nancy-Lorraine

Aéroport de Metz-Nancy-Lorraine

10 h 00 Rencontre interreligieuse

Discours du Saint-Père

Centre des congrès Robert Schuman

Sur invitation · retransmis

11 h 00 Rencontre « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité »

Discours du Saint-Père

Centre des congrès Robert Schuman

Sur invitation · retransmis

14 h 30 Déambulation du Saint-Père en papamobile

dans les rues de Metz jusqu’à la cathédrale Saint-Étienne

Metz

  • Grand public

16 h 00 Messe à la cathédrale Saint-Étienne de Metz

Homélie du Saint-Père

Cathédrale Saint-Étienne de Metz

  • Familles
  • Grand public
  • Jeunes
  • Personnes malades

Inscription recommandée

18 h 30 Cérémonie de congé à l’aéroport international de Metz-Nancy-Lorraine

Aéroport de Metz-Nancy-Lorraine

19 h 00 Départ en avion de l’aéroport international de Metz-Nancy-Lorraine à destination de Rome

Aéroport de Metz-Nancy-Lorraine

20 h 50 Arrivée à l’aéroport international de Rome-Fiumicino

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